Rentrée prudente

07/07/2015

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Avec 589 romans, dont 393 français, entre mi-août et fin octobre, la rentrée littéraire 2015 sera plus compacte que l'an dernier. Les éditeurs accompagnent au plus près leurs étoiles montantes.

Avec589 romans français et étrangers publiés entre mi-août et fin octobre, selon les données établies par Livres Hebdo avec la base Electre, la production de la rentrée littéraire 2015 s’inscrit en baisse de 3 % par rapport à celle de l'an dernier. Prudents, les éditeurs ont façonné un programme compact et recentré autour d'auteurs déjà au catalogue. Aux côtés des 196 ouvrages traduits, on retrouvera 393 romans français dont 68 premiers romans. Dans les grandes maisons, on retrouve Amélie Nothomb chez Albin Michel, Philippe Delerm et Alain Mabanckou au Seuil, Christine Angot chez Flammarion,Yasmina Khadra chez Julliard. Grasset publiera un nouveau Sorj Chalandon et le deuxième roman de Laurent Binet. Lattès défendra un pool d'écrivaines composé de Delphine de Vigan, Monica Sabolo, Isabelle Monnin et Isabelle Sorente. C'est aussi une femme que l'on retrouvera en guest-star de Gallimard : Carole Martinez signe La Terre qui penche, deuxième tome d'une série de sept romans d'histoires de femmes du Moyen Age à l’époque contemporaine. De son côté Flammarion, outre Christine Angot, comptera sur Laurent Seksik, Bernard Chambaz et Thomas B. Reverdy. Enfin, Actes Sud présentera les nouvelles productions de Mathias Enard et de Jeanne Benameur, tandis que De Fallois a annoncé pour début octobre le très attendu Livre des Baltimore de Joël Dicker.

Côté tendances, l'heure est à la littérature de l'exil, à la réflexion sur la religion et à « l'exofiction ». A travers des textes inspirés de faits réels, les auteurs s'intéressent à la vie des inconnus au destin hors normes comme à des personnalités connues, politiques ou culturelles. Bernard Chambaz se penchera sur les vies de Poutine (Vladimir Vladimirovich, Flammarion), Anne Saulay sur les sentiments de Jean-Luc Mélenchon durant la présidentielle de 2012 (L’homme qui voulait attraper la Lune avec un filet à papillons, Le Passeur) pendant que Laurent Binet complotera sur la mort de Roland Barthes (La septième fonction du langage, Grasset), Simon Liberati peindra trois facettes d’Eva Ionesco (Eva, Stock) et Olivier Saison imaginera les vieux jours de Sade sous les tropiques (Sade à Acapulco, Cambourakis).

Inspirés par l'ailleurs et l'exil, plusieurs écrivains français s’empareront en cette rentrée d'histoires de personnages déracinés. Chez Stock, Brigitte Giraud suivra les pas d'une mère et son fils fuyant la dictature de Salazar (Nous serons des héros) et Colombe Schneck racontera ces "femmes invisibles", nounous exilées en Europe (Sœurs de miséricorde). Enfin, Geneviève Bergé donnera à voir le quotidien des migrants sur les chantiers italiens (Lettres d’Otrante, Luce Wilquin).

Mylène Moulin