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Cesare Battisti n'est pas un homme sans passé, contrairement au narrateur de son dernier livre dont on neconnaîtra jamais les raisons de la fuite. Mais c'est un grand écrivain. Ici, deux récits s'entremêlent : celui d'un homme en fuite qui raconte quelques mois passés à Rio dans l'ombre d'une femme ; et celui que ce même homme nous livre depuis la prison où il est incarcéré, un récit nourri des confessions de ses codétenus.
Ce livre se lit comme un grand roman d'amour à suspense. Depuis son arrivée au Brésil, le narrateur se sait espionné.
Il devine même que c'est la police qui a mis sur sa route la jeune et belle Janaïna, avec laquelle il noue une relation tout d'abord érotique. Puis l'amour s'invite entre eux comme un corps étranger. Et délibérément, le narrateur décide de continuer, de vivre cette histoire jusqu'au bout, quitte à y laisser sa peau. Cet amour, d'une beauté noire et mélancolique, résonne en nous : n'y-a-t-il pas des moments, dans une existence, où choisir de s'illusionner est une question de vie et de mort, en ce sens que seu l'aveuglement permet de se sentir enfin « vivant » ? C'est ce que Truffaut devait penser en tournant La Sirène du Mississipi…Cesare Battisti est né en 1954. Il a un peu plus de vingt ans lorsqu'il rejoint la lutte armée auprès des PAC (Prolétaires armés pour le communisme). Condamné dans son pays à perpétuité, il a trouvé refuge en France puis, menacé d'extradition vers l'Italie, il s'est enfui au Brésil où il a été arrêté en 2007, incarcéré puis libéré en juin dernier. Il a publié de très nombreux romans policiers dont Avenida Revolucion, Les Dernières Cartouches (Rivages/Noir), Buena Onda ou encore Les Habits d'ombre (Gallimard/Série Noire) inspirés en partie de son itinéraire personnel, entre combat politique et cavale.
POINTS FORTS
• Un Battisti inattendu : loin du roman policier ou du récit de cavale, une « histoire d'amour et de ténèbres » sous haute tension.
• Une vision riche et vivante du Brésil, saisi à travers quelques inoubliables figures d'hommes et de femmes : Cruel, Zeca, Ignacio, Sandra et d'autres encore se confient au narrateur et leurs histoires sont comme des « fenêtres ouvertes sur le Brésil » que l'auteur nous raconte à son tour.
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De l'Afghanistan à la Libye en passant par l'Irak, le Liban ou le Pakistan, Sara Daniel nous éclaire sur les enjeux géopolitiques complexes de cette partie du monde à travers une succession de portraits, de morceaux de vie.
Sara Daniel raconte aussi les moments d'excitation et d'abattement de son métier de correspondante de guerre, les dangers, les rencontres extraordinaires et les déchirements face aux populations civiles aux prises avec une réalité quotidienne toujours plus cruelle.
Une écriture admirable porte ce témoignage bouleversant de bout en bout…
Sara Daniel a été grand reporter dans la plupart des pays en guerre du Moyen-Orient. Devenue en 2009 rédactrice en chef adjointe du service « Étranger » du Nouvel Observateur, elle a aussi couvert les récentes Révolutions arabes.
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Pierre Gould, dandy bibliomane et provocateur, présente sa bibliothèque composée de raretés improbables, chefs-d'œuvre incongrus, auteurs étonnants. L'ensemble forme un véritable catalogue de curiosités, composant un hommage à la folie littéraire sous toutes ses formes. En guise de complément, deux séries de textes sont intercalées.
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Cet ouvrage est le fruit d’une rencontre interdisciplinaire. Au carrefour des études littéraires et des sciences de la communication et de l’information apparaît un ensemble de questionnements et de chantiers communs relatifs aux médiations des textes littéraires. Le cas de la poésie est particulièrement riche tant ce genre se montre entre tous attentif à ses supports, à ses modes de communication et de transmission. En outre, la multiplication des innovations technologiques (techniques d’enregistrement de l’image et du son, télécommunications) a non seulement donné naissance à de nouvelles formes artistiques (photographie, cinéma, création radiophonique, art numérique) parfois étroitement liées à la création poétique, mais a également offert à la poésie de nouveaux modèles et dispositifs communicationnels ainsi que de nouveaux espaces d’expérimentation et de diffusion.
À travers un large champ d’investigation, de Guillaume Apollinaire aux pratiques les plus contemporaines, ce sont ces différents points d’articulation entre poésie et médias que cette étude collective envisage et éclaire.
Céline Pardo (Paris Sorbonne-Paris IV), agrégée de lettres classiques, mène des recherches sur l’oralisation de la poésie au xxesiècle et sur les rapports entre écriture poétique et médiations audiovisuelles.
Anne Reverseau (Paris Sorbonne-Paris IV et Paris Ouest-Paris X), agrégée de lettres modernes et ancienne élève de l’École normale supérieure, s’intéresse aux liens entre la poésie et la photographie.
Nadja Cohen (Grenoble III-Stendhal), agrégée de lettres modernes et ancienne élève de l’École normale supérieure, travaille sur les rapports entre poésie et cinéma au début du xxe siècle.
Anneliese Depoux (Avignon et Paris Sorbonne-Celsa) interroge les phénomènes de médiations et de patrimonialisation de la littérature, notamment la circulation des représentations du littéraire et de l’écrivain dans l’espace public et les musées aujourd’hui.
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Dans ce livre, Michel Le Bris nous parle du mélodrame, de sa Bretagne natale mais aussi de Conrad et du Be-Bop ; de Martine Carol comme de Bruce Chatwin, des fées et de Moby Dick ; du Boulevard du Crime et de l’opérette ; de Sartre, mais également de la recette du Cul de veau à l’angevine ; du jazz, de la nostalgie et de la Renaissance irlandaise ; de l’Ouest américain et de Consuelo…
“Dans la salle enfumée du bistrot de marins, des noms passaient, que l’on aurait dit des soupirs portés par le vent battant les volets clos : Mascareignes, Terre de Feu, Veracruz – et c’était comme si les murs, alors, se reculaient jusqu’au bout de la terre…
Le jour revenu, je courais de rocher en rocher, tandis que les cargos s’éloignaient vers le large, et je restais des heures à fixer l’horizon : là-bas, derrière la ligne bleue où ils disparaissaient, il y avait des mondes, effrayants et splendides, et, à n’en pas douter, des îles de corail sous les cieux sans nuage. Un jour, moi aussi, je m’en irais !
Je m’en allais déjà, le nez dans la poussière de mon grenier, avec pour seul témoin le ciel, par l’étroite lucarne, pour seuls complices les grands chevaux de l’empire des nuages, tandis que je tournais les pages de mes trésors, Curwood, Stevenson, Jack London, le Journal des voyages – et chaque livre, alors, m’était comme une porte qui ouvrait sur des mondes…
Je suis parti. Du moins j’ai essayé.
Voici quelques fragments de ce qui m’attendait, derrière la ligne d’horizon…”Michel Le Bris
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À travers sa génération, Abd Al Malik interpelle l'humanité tout entière. « Vive la France arc-en-ciel unie et débarrassée de toutes ses peurs ! » Son cri n'est pas nationaliste, il est universaliste. La France qu'il chante, c'est celle de 1789 et des Droits de l'homme. La France qu'il appelle de ses vœux, c'est celle des frontons républicains : Liberté–Égalité–Fraternité. Sa France, c'est celle du « vivre ensemble » : S'il est patriote, souligne Mazarine Pingeot dans sa préface, c'est parce qu'il a compris qu'il n'y a « d'identité que celle de la langue ».
« La vie est une bataille, qu'on soit jeune ou vieux. » Les seules armes d’Abd al Malik sont les mots qui lui ouvrent le chemin de la poésie et de la spiritualité. Sa langue, qu'il invente ligne après ligne, embrasse le passé, le présent, l'avenir et... les autres humains : « Je rêve donc éveillé pour qu'ils me comprennent. » Sa quête est notre espoir commun : « Je cherche quelque chose de plus grand que moi. » -
A l’heure où Captain America triomphe au box office, l’Amérique a le spleen. Nostalgique de l’époque où elle savait ce qu’elle voulait et ce pour quoi elle combattait, l’Amérique se cherche un nouveau patriarche, qui saura lui montrer son chemin et lui redonner confiance. Car elle connaît aujourd’hui non seulement une crise économique et financière, mais aussi un malaise plus profond, identitaire et moral, que l’accession d’Obama à la présidence n’a pas suffi à enrayer.
Pour mieux comprendre les raisons et les effets de cette mélancolie, Olivier Guez, grand reporter et auteur de trois livres remarqués, s’est lancé dans un ambitieux voyage-enquête dans l’Amérique de la Grande Récession.Qui sont les nouvelles droites américaines, et ces fameuses « Tea Parties », dont la fulgurante ascension a totalement chamboulé le paysage politique américain ? Que prône la doctrine libertarienne sur laquelle ils s’appuient ? Comment expliquer le succès de la droite américaine alors que les solutions qu’elle prône sont à la base du marasme actuel ? Pourquoi de grandes réformes régulatrices semblent-elles impossibles aujourd’hui, pourquoi les gens les plus touchés par la crise et le chômage ne sont-ils pas davantage mobilisés ? Pourquoi semble-t-il impossible de réformer Wall Street ? Quelles ont été les erreurs d’Obama ? Pourquoi la gauche américaine reste-t-elle introuvable ?
Toutes ces questions, c’est sur le terrain qu’il tente d’y répondre, en sillonnant le pays, des métropoles à l’Amérique profonde, en multipliant les rencontres, les interviews et les expériences, en observant inlassablement les gens, leur façon de vivre et leur vision de la société.
L’Amérique est divisée, inquiète, tendue et profondément mélancolique. Pourra-t-elle une nouvelle fois se régénérer ? Est-elle dépassée, ingouvernable ? Sortira-t-elle de cet état de latence et d’inquiétude ? Va-t-elle basculer dans la colère, les émeutes comme la Grèce et le monde arabe aujourd’hui ? La question reste ouverte.
Journaliste et écrivain, Olivier Guez est diplômé de la London School of Economics et du Collège d’Europe de Bruges. Il a parcouru l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient, l’Europe de l’Est et les Etats-Unis. Il vit à présent entre Paris et Berlin. Il est l’auteur de L’Impossible retour. Une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion, 2007 ; Champs, 2009). Il a cosigné avec Frédéric Encel La Grande Alliance (Flammarion, 2003 ; réed. Champs, 2004) et avec Jean-Marc Gonin La Chute du mur (Fayard, 2009).
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D’un côté : récit personnel, nouvelles, polar, microfictions. De l’autre : reportages, poèmes, voyage, textes engagés et essai sur notre profession de journaliste. Le choix de Rue89 est à l’image de ces livres qui disent l’individu et le monde. De tels livres, il en paraît toute l’année. Mais il semble plus utile encore de les lire en période d’élections, et surtout de crise financière mondiale. Pour s’évader, mais aussi pour en apprendre sur nous-mêmes.
Hubert Artus, Rue89