Claude Ponti sans frontières

15/09/2014

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Aujourd’hui figure phare de la création jeunesse en France et chouchou des enfants, le dessinateur a mis du temps à s'imposer en librairie. Désormais traduit en 13 langues, il jouit d'une aura grandissante à l'étranger.

Avec ses personnages aux noms improbables (Okilélé, Marie-Moulhoud,Portillard, Tulavi, Tromboline ou Foulbazar), ses imaginaires terrifiants et magiques et son style graphique inimitable, Claude Ponti a conquis la planète jeunesse. Depuis son premier livre, L’album d’Adèle, publié en 1986 par Gallimard, le dessinateur prolifique a signé plus d'une soixantaine de livres. Dans une récente interview à Livres Hebdo, il expliquait l’origine de son inspiration : «Quand les enfants ont envie de dire un truc et qu’ils n’ont pas le mot pour cela, ils le fabriquent avec beaucoup d’intelligence. C’est ainsi que naissent les mots. La langue française est faite pour ça, elle est sans cesse réinventée, par la télévision, l’ordinateur, les textos, le rap. »

Amoureux des mots et de leurs possibilités, virtuose de la langue, Claude Ponti est un casse-tête pour ses traducteurs. « Même en français de nombreuses choses échappent au lecteur à la première lecture, à la seconde et parfois à la troisième. Pour que ses livres trouvent une résonance à l’international, il faut de très bonnes traductions car les jeux de mots et les expressions de Claude Ponti sont parfois complexes et souvent subtils. Traduire cela demande des traducteurs expérimentés et souvent fans de l’auteur », observe Isabelle Darthy, directrice des droits étrangers à l'Ecole des Loisirs, qui édite Claude Ponti depuis 1990.

Star des enfants, qui se pressent sur les salons ou en librairie pour le rencontrer en France comme à l'étranger, l’artiste a pourtant mis du temps à conquérir le cœur de leurs parents, moins réceptifs à son langage et à ses illustrations. Pour Isabelle Darthy, Claude Ponti fait partie de ces auteurs longs à s’installer. « Le côté old fashion de ses images ne colle pas à la mode vintage qui a déferlé dans de nombreux pays ces dernières années. Que ce soit en France ou à l'international, sa renommée se construit par les enfants, pas par les adultes ou les critiques », explique-t-elle.

Aujourd'hui traduit en 13 langues dont l’anglais,l’espagnol, l’allemand, le grec et le suédois, Claude Ponti suscite de plus en plus la curiosité à l’Est. L’édition russe commence à s'y intéresser tandis que les Chinois et les Coréens réservent un accueil presque fanatique à l'auteur. En Chine, les éditions Jieli ont par exemple acquis l’an dernier les droits de Blaise et le château d'Anne Hiversere, du Catalogue de parents pour les enfants qui veulent en changer et de Parci et Parla.

Mylène Moulin